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	<title>La Bibliothèque Des Sables</title>
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	<description>L&#039;atelier des mots de l&#039;écrivain Yann Garvoz</description>
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		<title>La Bibliothèque Des Sables</title>
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		<title>JOUR DES MORTS, un poème de Paul Celan</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 23:52:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dieux Lares]]></category>
		<category><![CDATA[Enthousiasmes]]></category>
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		<description><![CDATA[Qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai fait ? Ensemencé la nuit, comme s&#8217;il pouvait y en avoir d&#8217;autres, plus nocturnes que celle-ci. Vol d&#8217;oiseau, vol de pierres, mille Voies décrites. Des regards, cueillis et ravis. La mer goûtée, entièrement bue et rêvée. Une &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/05/18/jour-des-morts-un-poeme-de-paul-celan/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=2066&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2067" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/05/4dpictiuy.jpg"><img class="size-medium wp-image-2067" alt="Zao Wou Ki" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/05/4dpictiuy.jpg?w=300&#038;h=204" width="300" height="204" /></a><p class="wp-caption-text">Zao Wou Ki</p></div>
<p>Qu&rsquo;est-ce que j&rsquo;ai<br />
fait ?<br />
Ensemencé la nuit, comme s&rsquo;il pouvait<br />
y en avoir d&rsquo;autres, plus nocturnes<br />
que celle-ci.</p>
<p>Vol d&rsquo;oiseau, vol de pierres, mille<br />
Voies décrites. Des regards,<br />
cueillis et ravis. La mer</p>
<p>goûtée, entièrement bue et rêvée. Une heure,<br />
assombrie d&rsquo;âmes. La suivante, lumière automnale,<br />
offerte à un sentiment<br />
aveugle, qui allait son chemin. D&rsquo;autres, beaucoup d&rsquo;autres,<br />
sans lieu, avec leur propre pesanteur : aperçues, contournées,Des blocs erratiques, des étoiles,<br />
noirs et plein de langage : nommés<br />
d&rsquo;un serment tu jusqu&rsquo;à le rompre.</p>
<p>Et une fois (quand ? cela aussi est oublié) :<br />
éprouvé le harpon,<br />
là où le pouls osait la syncope.</p>
<p>Paul Celan, &quot;Jour des morts&quot;, in Grille de Parole, Trad. Martine Broda<br />
(&#8230;à lire au creux de la corolle de la nuit&#8230;)</p>
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			<media:title type="html">Zao Wou Ki</media:title>
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		<title>Giono, l&#8217;Iris de Suse et la transparence du Français chez les auteurs contemporains</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Mar 2013 23:38:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accablements]]></category>
		<category><![CDATA[Ars poetica]]></category>
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		<description><![CDATA[&#34;&#8230;si je suis seul, je ne reste pas seul : je me dédouble, je suis toujours deux. Quand on est deux, on sait qu&#8217;on est pas Dieu-le-père. On m&#8217;a mis à une drôle d&#8217;école, crois-moi. Tu as raison d&#8217;être inquiet &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/03/29/giono-liris-de-suse-et-la-transparence-du-francais-chez-les-auteurs-contemporains/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=2036&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/03/heron_042.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2039" alt="Squelette de héron" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/03/heron_042.jpg?w=500"   /></a>&quot;&#8230;si je suis seul, je ne reste pas seul : je me dédouble, je suis toujours deux. Quand on est deux, on sait qu&rsquo;on est pas Dieu-le-père. On m&rsquo;a mis à une drôle d&rsquo;école, crois-moi. Tu as raison d&rsquo;être inquiet pour les moussaillons mais, toi, Alexandre, moi, nous sommes du bois dont on fait les flûtes.&quot;</p>
<p>&quot;C&rsquo;était un nuage couleur de vin. Il surmontait la montagne. Il arrivait à toute vitesse. Il éclata contre les rochers ; il s&rsquo;effilocha en soufflant comme un chat. Il jeta une poignée de pluie presque sèche, plus dure que du gravier et il s&rsquo;enfuit en lambeaux dans un azur brusquement écartelé de safran.&quot;</p>
<p>&quot;&#8230;de deux choses l&rsquo;une : ou bien il est pantelant, sans piper, sans même oser lever le petit doigt et l&rsquo;extase ne fait pas le moindre bruit ; ou alors [...] la dévastation, le cataclysme et la trombe, et nous aurions entendu les éclats. Au surplus [...] il serait sorti, musique en tête, avec Sambre-et-Meuse&#8230;&quot;<br />
&quot;Ce petit salaud, je l&rsquo;ai cajolé à l&rsquo;extrême, il peut le dire. Sa peau ? Je l&rsquo;ai retournée comme un gant. Sa chair ? [...] On ne peut rien me reprocher [...] Ses os ont été lavés et relavés, poncés, huilés, essuyés, séchés et maintenant reconstruit. Il est devenu un résumé clair et précis ; comme je vous le disais : une sorte de Grande Ourse, d&rsquo;étoile polaire.&quot;</p></blockquote>
<p>Etc&#8230; etc&#8230; <em>L&rsquo;Iris de Suse</em>, de Jean Giono. Il y en a de comme ça à chaque page, presque à chaque phrase, je recopie au hasard. J&rsquo;ai lu le livre durant la semaine, et  c&rsquo;est de longtemps ma plus belle lecture.<br />
Il faudrait bien des pages, des heures de réflexions, pour en parler, et je suppose que des thèses entières ont été consacrées à cette oeuvre, qu&rsquo;on s&rsquo;y reporte ! Je voulais en revanche réfléchir sur le sentiment d&rsquo;accablement à l&rsquo;égard des livres contemporains, que cette lecture presque classique a aiguisé. J&rsquo;essaye de ne pas me trouver du côté des nostalgiques, et je suis ravi lorsqu&rsquo;<a title="Lien page chefs d'oeuvre" href="http://labibliothequedessables.org/il-existe-des-chefs-doeuvre-contemporains/" target="_blank">un chef d&rsquo;oeuvre tombe de la plume d&rsquo;un auteur vivant</a> (clic!). Néanmoins, il me faut bien admettre que cela faisait des mois que ma déception s&rsquo;affutait dans les feuilletages de librairie, ou que je chutais de haut en ouvrant enfin un ouvrage impatiemment attendu car vanté dans les journaux — et de le voir s&rsquo;éventer au bout de dix pages, voire cinq.<br />
Pourquoi ? Qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;est perdu depuis un récent âge d&rsquo;or de la littérature française ? Pourquoi ce caractère superfétatoire de la majeure partie de la production contemporaine ? Perte du sens poétique et rythmique ? Domination stérile du rhétorique ? Repli sur soi ? Étranglement financier des éditeurs et des libraires ?<br />
Un roman récent — un autre de ces romans dont j&rsquo;ai vite abandonné la lecture — <em>Cercles</em>, de Yannick Haenel, m&rsquo;avait susurré quelques indices (par son silence, en quelque sorte). Une toute récente conférence du très sympathique François Bon est venue m&rsquo;apporter, comme une éclatante confirmation. Cher lecteur, tu attends avec une impatience légitime mes lumières définitives sur la décadence de la littérature française, eh bien voilà : c&rsquo;est que le Français est devenu invisible. Après la radicalité des années 1960 et 1970 — les années de la psychanalyse, de la linguistique et de la déconstruction —, où toute référentialité dans le roman était interdite, on est tombé dans la complète, et inverse, naïveté : les auteurs récents croient parler de choses, lorsqu&rsquo;ils manient des mots. Ils croient à la transparence du langage ! La conférence de François Bon — pourtant un type intelligent, passionné de littérature, pas un faiseur — était incroyable : pas un mot sur la langue, le style&#8230; Comme si les mots n&rsquo;étaient que des pointeurs sur les choses, les sentiments, les étants ! (Ce qui lui fait commettre des contresens consternants lorsqu&rsquo;il puise dans Rabelais des exemples qu&rsquo;il comprend comme on le faisait il y a 60 ans, niant ou ignorant les recherches de Spitzer, Rigolot, Tournon, Jeanneret, qui ont montré que Rabelais ne nous parle pas de son époque, ses moeurs et ses manifestations matérielles, mais ne s&rsquo;occupe que de langage, de la langue, des mots, des langues, dans la foulée d&rsquo;Érasme de Rotterdam et de la recherche d&rsquo;une parole vive)<br />
Idem pour le <em>Cercles</em> de Yannick Haenel que j&rsquo;ai commencé récemment, en en espérant beaucoup : l&rsquo;auteur s&rsquo;épuise à nous décrire ce qu&rsquo;il ressent, ce qu&rsquo;il pense, ce qu&rsquo;il se passe dans l&rsquo;air entre lui et les autres, les choses&#8230; Mais cela ne va nulle part, n&rsquo;approfondit rien, ne fait qu&rsquo;ajouter des couches sur des couches  de rhétorique, et délaisse ce qui devrait être l&rsquo;objet essentiel de l&rsquo;art d&rsquo;un écrivain : le travail de la langue, sa compréhension, sa complication (c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;on la plie, et qu&rsquo;on cache des choses dans les plis), sa fascination, pour lui-même (le langage), par lui-même, dans son opacité et ce magnifique écran qu&rsquo;il interpose entre nous et la noumène&#8230;<br />
S&rsquo;il y a plus de littérature dans une phrase de Giono que dans d&rsquo;épais volumes de 500 pages de bla-bla, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il sait travailler — il sait qu&rsquo;il travaille ! — la pâte aveugle du langage, et qu&rsquo;aucun Cratyle, aucun sémioticien ne remontera des mots aux choses. La légèreté, le plaisir, la drôlerie et la profondeur qui tissent <em>L&rsquo;Iris de Suse</em> ne sont pas dans les faits divers qui y sont narrés, elles sont dans la trémulation de la langue.<br />
Parce qu&rsquo;ils croient pouvoir voir à travers une langue qu&rsquo;ils n&rsquo;ont réussi qu&rsquo;à rendre ennuyeuse en la pensant transparente, la plupart des auteurs produisent des oeuvres demeurées orbes. Naguère acceptait-on l&rsquo;aveuglement des mots, et l&rsquo;on écrivait des livres semés d&rsquo;yeux.</p>
<blockquote><p>&quot;Ah ! c&rsquo;est l&rsquo;os qu&rsquo;on appelle l&rsquo;Iris de Suse, en grec : Teleios, ce qui veut dire : &quot;celui qui met la dernière main à tout ce qui s&rsquo;accomplit&quot;, une expression heureuse qu&rsquo;on ne saurait rendre que par une périphrase. Regardez-moi ça ! Une périphrase ? Et il n&rsquo;est pas plus gros qu&rsquo;un grain de sel. ça sert à quoi ? Mystère, on ne l&rsquo;a jamais su, en principe sa nécessité nous échappe, dit-on. [...] Voilà : il est caché derrière le maxillaire supérieur&quot;</p></blockquote>
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			<media:title type="html">Squelette de héron</media:title>
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		<title>La littérature a-t-elle jamais changé le monde ?</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 23:21:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Grains de sable isolés]]></category>

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		<description><![CDATA[Il me venait aujourd&#8217;hui la pensée réfrigérante que les livres qui m&#8217;ont le plus marqué n&#8217;étaient pas des romans, mais des livres de philosophie — ou de psychanalyse, d&#8217;anthropologie&#8230; Héraclite, Parménide, Platon, Aristote, à l&#8217;époque moderne Descartes, Kant, Hegel, Schopenhauer, &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/03/22/la-litterature-a-t-elle-jamais-change-le-monde/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=2028&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/03/buch-the-secret-life-of-plants-2002.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2029" alt="Anselm Kiefer" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/03/buch-the-secret-life-of-plants-2002.jpg?w=300&#038;h=242" width="300" height="242" /></a>Il me venait aujourd&rsquo;hui la pensée réfrigérante que les livres qui m&rsquo;ont le plus marqué n&rsquo;étaient pas des romans, mais des livres de philosophie — ou de psychanalyse, d&rsquo;anthropologie&#8230; Héraclite, Parménide, Platon, Aristote, à l&rsquo;époque moderne Descartes, Kant, Hegel, Schopenhauer, pour ne pas parler de Marx ou d&rsquo;Adam Smith, de Nietzsche — tous ont exercé sur le monde et l&rsquo;histoire du monde une influence, une <em>façon</em>&#8230; Que ce soit en politique, en esthétique, en morale&#8230; Des partis se sont créés, des hommes ont relevé les yeux de leurs livres avec la conviction que des oeillères leur étaient tombés ; des essors nouveaux, des découvertes scientifiques ont été rendus possibles par des purifications de l&rsquo;entendement, des exigences de rationnalité ; des constitutions ont été modifiées, des lois créées ; de nouvelles attitudes morales entreprises&#8230;</p>
<p>Mais quid des littérateurs, de nous autres fictionneurs de clochettes ? Aucun roman, quelqu&rsquo;un, dont il vous semble qu&rsquo;il ait modifié votre vie, d&rsquo;autres vies ?</p>
<p>J&rsquo;ai été dans une grande perplexité. Et je crois que la question est bonne. (Il faut dire qu&rsquo;à ce moment là, pour des raisons qu&rsquo;il n&rsquo;est pas nécessaire de donner ici, je gisais à terre, la tête contre ma bibliothèque de philosophie, ce qui a sans doute suscité cette interrogation&#8230;) J&rsquo;ai donc commencé à vouloir y répondre, de biais : d&rsquo;abord, les poètes ! RIEN, rien de ce que je puis lire n&rsquo;est le même depuis mon imprégnation de Paul Celan. Beaucoup de choses que je ne puis PLUS lire, tout simplement. Et le lyrisme. Bon. Mais les fictions, aussi : Homère&#8230; Flaubert&#8230; Les plus grands des grands, alors ! Proust : pour une modification irrémédiable de la sensibilité&#8230; Giono, Céline&#8230; Giono est désespéré, parce que son horizon est celui du langage : c&rsquo;est peut-être cela Giono, la sagesse tragique de l&rsquo;apiculteur, dans sa vallée de mots ? Le bourdonnement l&rsquo;éjouit, il sait qu&rsquo;il ne passera jamais le col, là-bas&#8230;</p>
<p>Bref, quelques éléments de réponse&#8230; La philosophie serait inégalable dans son aptitude à nous retailler d&rsquo;un bloc l&rsquo;entièreté de l&rsquo;expérience du réel et des hommes, en cela elle agit dans le discours de l&rsquo;histoire&#8230; Idem pour la poésie, en synthétique et parfois fulgurant. La littérature, par contre, elle nous broderait la phrase de l&rsquo;expérience humaine. Même et surtout lorsqu&rsquo;elle atteint à l&rsquo;exemplum, au mythe, qui est comme une parcelle du big bang tombée en chacun de nous, une poussière d&rsquo;étoile que nous chérissons et pouvons pleurer secrètement&#8230;<br />
Mais quand est-ce que l&rsquo;on en a créé un, dernièrement, de mythe ?</p>
<p>Encore y a-t-il un autre chemin, celui de l&rsquo;arrimer, la philosophie, à la littérature. Après tout, qui sait quels actants sont réveillés en nous, agités dans les entrelacs de la logique&#8230;</p>
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			<media:title type="html">Anselm Kiefer</media:title>
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		<item>
		<title>Django Unchained de Tarantino : débile et dégueulasse</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Mar 2013 00:29:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le dernier film de Tarantino plaira aux adolescents accros aux &#34;shooter games&#34;, ces jeux videos où l&#8217;on avance une arme à la main en tirant sur tout ce qui bouge. Je n&#8217;y ai pas décompté précisément le nombre de meurtres &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/03/16/django-unchained-de-tarantino-debile-et-degueulasse/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=2020&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/03/django-unchained-quentin-tarantino-du-sang-encore-du-sang.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2021" alt="Django-Unchained-Quentin-Tarantino-du-sang-encore-du-sang" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/03/django-unchained-quentin-tarantino-du-sang-encore-du-sang.jpg?w=150&#038;h=112" width="150" height="112" /></a>Le dernier film de Tarantino plaira aux adolescents accros aux &quot;shooter games&quot;, ces jeux videos où l&rsquo;on avance une arme à la main en tirant sur tout ce qui bouge. Je n&rsquo;y ai pas décompté précisément le nombre de meurtres mais ils doivent avoisiner la centaine. On y voit aussi des cervelles éclatées, des gens qui se crèvent les yeux, des gens qui s&rsquo;arrachent la tête, un type dévoré par les chiens&#8230;En revanche pas le moindre poil de foufoune de la nuit de retrouvailles du héros avec sa dulcinée : il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un film qui vient du pays où l&rsquo;on peut acheter une mitrailleuse et flinguer 40 personnes, mais où l&rsquo;abstinence est enseignée au lycée et la vie sexuelle des hommes et femmes politiques passée au peigne fin par une nation de censeurs frustrés.<br />
Si vous voulez voir un film, un vrai — pas une machine pulsionnelle et débile à destination de l&rsquo;audience infantile — voyez, basée sur la même prémisse d&rsquo;une plantation d&rsquo;esclaves consacrée à l&rsquo;organisation de &quot;combats de nègres&quot;, le remarquable Mandingo, de Richard Fleischer. Tarantino le cite d&rsquo;ailleurs visuellement, empruntant des scènes entières à ce grand classique. Toutefois, chez Fleischer, en sus d&rsquo;un art supérieur et d&rsquo;une complexité (et d&rsquo;une liberté de ton en matière de sexualité), qui malheureusement datent d&rsquo;une autre époque il était admis que l&rsquo;on avait affaire à une organisation minoritaire, secrète, quelque puits secret de l&rsquo;enfer, où l&rsquo;humanité avait cessé. Chez Tarantino aucun possibilité n&rsquo;est offerte de douter de l&rsquo;existence de ces organisateurs de combat d&rsquo;esclaves, dont il faut dire tout de même qu&rsquo;ils n&rsquo;ont sans doute jamais existé, et ne sont attestés nulle part. Le premier a les avoir inventé fut le romancier Kyle Onstott, le second a traiter le sujet le cinéaste Fleischer, puis&#8230; l&rsquo;auteur de ces lignes, qui en fit une scène surréaliste de son roman <a title="Lien extraits Plantation" href="http://labibliothequedessables.org/extraits-de-plantation-massa-lanmaux/" target="_blank">Plantation Massa-Lanmaux</a>&#8230; Enfin Tarantino, chez qui on ne trouve aucune mise à distance, exemplarité, réflexion, aucune autre option esthétique que l&rsquo;ultra violence, enfin en général aucun traitement historique, aucune réflexion, ni aucune connaissance réelle des conditions socio-économiques de l&rsquo;esclavage (au sujet duquel j&rsquo;ai quand même lu 30 ou 40 livres, dont je ne retrouve absolument rien ici), que du remaniement de clichés. Bref, un film dans la tradition de la blaxploitation des années 70, mais hyper-violent, dégueulasse et débile — je ne prends même pas la peine de montrer l&rsquo;inanité du scénario, cousu de&#8230; cousu de rien du tout, si ce n&rsquo;est d&rsquo;intestins déroulés et de purée de méninges. Si Tarantino et ses admirateurs ont soif de sang, qu&rsquo;ils aillent faire un tour en Syrie, en Irak, ou en RDC&#8230; Le sang coule partout, et la douleur des hommes, à tout moment. Pour de vrai, pas pour rire. En voyant le film je me suis souvenu des pilotes de guerre américains de la guerre en Irak, qui témoignaient qu&rsquo;ils avaient l&rsquo;impression de jouer à des videogames, en appuyant sur les boutons qui larguaient des bombes sur des populations militaires et civiles.<br />
On a déjà tourné des navets, on a déjà tourné des films &quot;dignes du plus profond mépris&quot;, mais je crois que le plus déprimant dans tout ça est que la critique applaudisse et crie au génie. Les thuriféraires de Tarantino ont-ils déjà vu un Pasolini, un Visconti, un Resnais, un Godard ? Fassbinder, Jarmusch, Cassavetes ?&#8230; Ou la critique dans les journaux est-elle le fait de grands adolescents qui ne connaissent rien du cinéma antérieur à leur premier ipod ? Je n&rsquo;en sais rien. Mais je reviens sur la position optimiste qui était la mienne lors de débats avec des ami(e)s : peut-être aviez vous raison, et que le cinéma contemporain, c&rsquo;est de la merde.</p>
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		<title>Mais à qui sont ces sentiments dont mon coeur est lardé !?</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Feb 2013 23:37:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archéologie du texte]]></category>
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		<description><![CDATA[IL EN EST QUI CROIENT SOUFFRIR d&#8217;amour&#8230; Ô dicibles délices ! Ô maux si-z-idiosyncrazyques ! Ô parce que c&#8217;était émoi ! Parce que c&#8217;était étroit ! Ils ne veulent pas savoir, les roués naïfs, que les laisses de leurs affres &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/02/15/mais-a-qui-sont-ces-sentiments-qui-trainent-sur-moi/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=1994&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1996" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/02/77232.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-1996" title="Tourments d'amour" alt="Tourments d'amour" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/02/77232.jpg?w=150&#038;h=100" width="150" height="100" /></a><p class="wp-caption-text">Il faudra aller à la fin de l&rsquo;article pour comprendre ce que que font ici ces tartelettes&#8230;</p></div>
<p>IL EN EST QUI CROIENT SOUFFRIR d&rsquo;amour&#8230; Ô dicibles délices ! Ô maux si-z-idiosyncrazyques ! Ô parce que c&rsquo;était émoi ! Parce que c&rsquo;était étroit !<br />
Ils ne veulent pas savoir, les roués naïfs, que les laisses de leurs affres ont été tendues et écrites depuis plus de dix ou vingt ou trente siècles, qu&rsquo;ils ne font que bégayer des stances tôt prescrites, à la manière des touches couinantes d&rsquo;une vieille machine à écrire&#8230; On lira, pour s&rsquo;en convaincre, ces — néanmoins — belles descriptions des tourments de l&rsquo;amour, par Guillaume de Lorris, dans le Roman de la Rose, au XIIIème siècle. Elles ne sont pas sans provoquer quelques échos, au long des corridors des siècles, avec les sonnets d&rsquo;une Louise Labé&#8230;  Louise Labé que d&rsquo;ailleurs Mireille Huchon soupçonne d&rsquo;être une &quot;créature de papier&quot;&#8230; Mais lequel d&rsquo;entre nous peut en dire autrement ?</p>
<blockquote><p>Roman de la Rose, Guillaume de Lorris</p>
<p>C&rsquo;est la bataille, c&rsquo;est l&rsquo;ardure,                              <em>C&rsquo;est la bataille, le tourment,</em><br />
C&rsquo;est li contens qui tous jors dure.              <em>C&rsquo;est le combat qui toujours dure,</em><br />
Amans n&rsquo;aura jà ce qu&rsquo;il quiert      <em>L&rsquo;amant n&rsquo;aura jamais ce qu&rsquo;il demande;</em><br />
Tous jors li faut, jà en pez n&rsquo;iert;     <em>Toujours le manque, jamais la paix,</em><br />
Jà fin ne prendra ceste guerre                  <em>Jamais ne prendra fin cette guerre</em><br />
Tant cum l&rsquo;en veille la pez querre.              <em>Tant qu&rsquo;il en espèrera la paix.</em><br />
Quant ce vendra qu&rsquo;il sera nuis,                         <em>Et puis quand il sera nuit ,</em><br />
Lors auras plus de mil anuis:                <em>Lors il souffrira plus de mille maux ;</em><br />
Tu te coucheras en ton lit                            <em>En vain te coucheras sur ton lit</em><br />
Où tu auras poi de délit;                             <em>Où tu auras peu de répit;</em><br />
Car quant tu cuideras dormir,                       <em>Car quand tu croiras dormir,</em><br />
Tu commenceras à fremir,                            <em>Vite à frémir tu recommenceras,</em><br />
A tresaillir, à demener,                               <em>A tressaillir, te démener,</em><br />
Sor costé t&rsquo;estovra torner,                               <em>Sur un côté te retourner,</em><br />
Une heure envers, autre eure adens,                <em>Une heure pile, une autre face,</em><br />
Cum fait hons qui a mal as dens.         <em>Comme un homme que dent tracasse.</em><br />
Lors te vendra en remembrance                   <em>Alors viendra dans ton souvenir</em><br />
Et la façon et la semblance                         <em>Et la manière, et l&rsquo;apparence</em><br />
A cui nule ne s&rsquo;apareille.                            <em>Qui n&rsquo;a jamais eu sa pareille,</em><br />
Si te dirai fiere merveille:             <em>Je vais te dire quelque chose d&rsquo;incroyable : </em><br />
Tex fois sera qu&rsquo;il t&rsquo;iert avis                         <em>Tantôt tu croiras embrasser<br />
</em>Que tu tendras cele au cler vis                        <em>Ta belle amante au clair visage</em><br />
Entre tes bras tretoute nue,                               <em>Entre tes bras tretoute nue,</em><br />
Ausinc cum s&rsquo;el ert devenue                                  <em>Pensant qu&rsquo;elle soit devenue</em><br />
Du tout t&rsquo;amie et ta compaigne;                   <em>Pour de</em> bon t<em>a mie et compagne.</em><br />
Lors feras chatiaus en Espaigne        <em>Lors tu bâtiras des châteaux Espagne,</em><br />
Dans ce songe doux et plaisant.           <em>Perdu dans ce songe doux et plaisant,</em><br />
Et auras joie de noient,                                     <em>Et de rien tu te feras joie</em>,<br />
Tant cum tu iras foloiant                               <em>En t&rsquo;en allant folâtrer</em><br />
En la pensée delitable                                     <em>Dans une pensée délicieuse</em><br />
Où il n&rsquo;a fors mençonges et fable;        <em>Qui n&rsquo;est que mensonge et que fable.</em><br />
Mès poi i porras demorer.                               <em>Mais tôt s&rsquo;évanouit ce leurre</em>.<br />
Lors commenceras à plorer,                          <em>Alors recommenceras à pleurer,</em><br />
Et diras: Diex! ai-ge songié?                    <em>Et diras «Dieu, ai-je rêvé ?</em><br />
Qu&rsquo;est-ice, où estoie-gié?                                <em>Où étais-je? Qu&rsquo;est-ce que j&rsquo;ai ?</em><br />
Ceste pensée, dont me vint?                         <em>D&rsquo;où donc me vint cette pensée ?</em></p></blockquote>
<p>(Les <em>tourments d&rsquo;amour,</em> en tout cas, il y a belle lurette que les antillais, instruits par une sagesse pratique qui leur vient de la déportation et de la survie dans l&rsquo;esclavage, en ont fait des gâteaux. De délicieux gâteaux, que de vieilles dames rabougries, qui semblent tombées d&rsquo;un soleil de madras et de dents gâtées sur les roseaux de cannes à sucre, vous vendent à l&rsquo;embarcadère de Terre-de-Haut des Saintes&#8230; C&rsquo;est qu&rsquo;on avait peu d&rsquo;appétence aux souffrances morales, quand on coupait la canne à coups de fouets sur les épaules ; ils savent, ces sages pâtissiers, que le monde n&rsquo;est pas de la tarte — mais qu&rsquo;il est une île, même pas fourrée au coco.)</p>
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		<title>Maryline Baumard dans Le Monde : toujours du côté du manche</title>
		<link>http://labibliothequedessables.org/2013/02/01/maryline-baumard-dans-le-monde-toujours-du-cote-du-manche/</link>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 19:08:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a un &#34;service éducation&#34;, au journal le Monde. N&#8217;en attendons, Chers Lecteurs de La Bibliothèque des Sables (et éventuellement du Monde), aucune lumière, aucune analyse sur l&#8217;éducation, ses fonctionnements, ses enjeux. Ce service est piloté par une Madame &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/02/01/maryline-baumard-dans-le-monde-toujours-du-cote-du-manche/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=1981&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1983" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/02/mulletwrapper.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-1983 " alt="Poisson enveloppé dans un article de Maryline Baumard" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/02/mulletwrapper.jpg?w=150&#038;h=99" width="150" height="99" /></a><p class="wp-caption-text">Poisson enveloppé dans un article du &quot;service éducation&quot; du journal Le Monde</p></div>
<p>Il y a un &quot;service éducation&quot;, au journal le Monde. N&rsquo;en attendons, Chers Lecteurs de La Bibliothèque des Sables (et éventuellement du Monde), aucune lumière, aucune analyse sur l&rsquo;éducation, ses fonctionnements, ses enjeux.<br />
Ce service est piloté par une Madame Marilyne Baumard. Je dis &quot;piloté&quot; parce que, au vu et au lu de son activité, son unique fonction, qui mobilise manifestement toutes ses capacités d&rsquo;analyse (ce pourquoi vous ne pouvez en attendre, chers lecteurs, aucune lumière sur l&rsquo;éducation) est de repérer quel est le côté du manche, et de s&rsquo;y diriger bravement, sans se laisser détourner de sa mission par les accusations de démagogie à elle adressées par de petits esprits étriqués.<br />
<a title="Lien article maryline baumard 1" href="http://labibliothequedessables.org/2012/01/06/le-quotidien-de-reference-horresco-referens-les-journalistes-de-choc-en-charge-de-leducation-au-monde-maryline-baumard/">Thuriféraire naguère de Nicolas Sarkozy et de sa &quot;vision&quot; pour l&rsquo;éducation</a> (vision qui consista, on le rappelle,  à supprimer des postes d&rsquo;enseignants par dizaines de milliers, fermer des classes, voir s&rsquo;effondrer le niveau des élèves tel que mesuré dans les enquêtes internationales, et augmenter l&rsquo;illétrisme — sur tout cela n&rsquo;attendez aucun mea culpa de Maryline Baumard, aucune réflexion ni regard en arrière, elle a autre chose à faire), elle s&rsquo;était un peu tue depuis quelques mois, alors que le manche branlait, et qu&rsquo;elle pouvait s&rsquo;inquiéter de savoir de quelle côté se ferait la cognée.<br />
Mais cette prophétesse du sarkozysme a vite retrouvé ses repères — c&rsquo;est après tout pour trouver ce cap que Le Monde la paye — et se retrouve dans son élément : une grève des profs !<br />
Ah ! Là vous pouvez l&rsquo;entendre à nouveau ! L&rsquo;entendre sur les raisons de la grève ? Des interviews des principaux intéressés ? Un retour en arrière sur les causes, les raisons ? Que non ! On n&rsquo;est pas dans un journal d&rsquo;investigation ou de réflexion, on est au Monde bordel, pas au Guardian ou au New York Times ! Au lieu d&rsquo;enquêter et de réflechir, il est bien plus facile de  torcher un éditorial pour taper sur ces profs grévistes, fainéants, &quot;étriqués&quot;, &quot;corporatistes&quot;, puis de trouver un titre poujadiste et le mettre en première page.<br />
Toutes ces insultes, pour qualifier des profs qui&#8230; que&#8230; quoi&#8230;? On n&rsquo;en sait rien, on n&rsquo;apprendra rien, au sujet de cette bande de fainéants étriqués et corporatistes. Il semblerait que ce soit en rapport avec le retour à la semaine de 4 jours 1/2 dans le primaire. Mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;affaire de Maryline Baumard de s&rsquo;adresser à nos neurones. D&rsquo;ailleurs, elle se scandalise maintenant que les profs refusent de revenir à 4 jours 1/2, mais l&rsquo;avait-on entendue, à l&rsquo;époque, se scandaliser que Sarkozy et Darcos la réduisissent, cette semaine de classe, à 4 jours ? Eh non, rien du tout ! ça ne la choquait pas, à l&rsquo;époque, ce n&rsquo;était pas si important !<br />
Bravo Maryline, toujours du côté du manche ! Chapeau l&rsquo;artiste ! Maryline Baumard, grande dame de la girouette ! C&rsquo;est là son talent, son avantage comparatif !<br />
Ah ce n&rsquo;est pas d&rsquo;elle que l&rsquo;on apprendra que les profs français sont les moins bien payés de l&rsquo;OCDE, qu&rsquo;on ne peut plus vivre correctement à Paris en exerçant cette profession, ce qui peut-être jetterait quelque lumière sur cette grève ! Pas d&rsquo;elle qu&rsquo;on saura que les classes françaises sont parmi les plus chargées d&rsquo;Europe ! Que les profs sont confrontés à des demandes toujours plus variées de leur hiérarchie, à une évaluationnite aigüe, à un sentiment dramatique de faire face à des situations impossibles !  (Ni qu&rsquo;on entendra parler des enquêtes internationales montrant que le salaire des enseignants est le facteur le plus important pour la réussite des élèves !)<br />
L&rsquo;article a semble-t-il fait l&rsquo;objet de nombreuses critiques, que prend en charge un <a title="Lien article du Monde" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/28/au-tableau_1823015_3232.html">médiateur</a>, un certain Pascal Galinier, ancien ingénieur automobile. Las&#8230; il est vite clair que l&rsquo;intéressé entend par ce terme, non pas quelqu&rsquo;un qui se place au juste milieu, mais un chargé de la promotion des media : un médiator, quoi ! Si l&rsquo;article prétend en effet d&rsquo;abord donner voix aux lecteurs outragés ou critiques, on en arrive vite en effet au soutien sans faille, et à l&rsquo;assentiment affiché, c&rsquo;est le TRIOMPHE DU CORPORATISME JOURNALISTIQUE.<br />
Je finirais en parlant comme Maryline Baumard : Les performances médiocres de la presse française, attestées par toutes les comparaisons internationales, devraient plutôt inciter tous ses acteurs à se mobiliser, avant tout, dans l&rsquo;intérêt de l&rsquo;information.</p>
<p>(Tiens, je ne signe pas moi non plus. Comme ça on saura que l&rsquo;intégralité de la rédaction de La Bibliothèque des Sables, c&rsquo;est à dire moi, partage mon point de vue.)</p>
<p>ps : comment allons-nous faire ? Depuis quelques années Le Monde pouvait servir à envelopper le poisson, mais le papier est de plus en plus léger et il sent de plus en plus mauvais&#8230;</p>
<p><em><em><em></em></em><br />
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			<media:title type="html">Poisson enveloppé dans un article de Maryline Baumard</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>À la Librairie des Colonnes, Tanger</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 17:17:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le nom frappe l&#8217;imagination, on y entre comme dans un portique, dans une académie, et alors la verticalité des rayonnages s&#8217;en empreint de majesté et presque de religiosité : ce sont eux, les livres, qui font ces colonnes d&#8217;où sourdra, &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/02/01/a-la-librairie-des-colonnes-tanger/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=1949&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/632x415_16672_vignette_librairie-des-colonnes-tanger-1.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1976" alt="Librairie des Colonnes, Tanger" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/632x415_16672_vignette_librairie-des-colonnes-tanger-1.jpg?w=109&#038;h=150" width="109" height="150" /></a>Le nom frappe l&rsquo;imagination, on y entre comme dans un portique, dans une académie, et alors la verticalité des rayonnages s&rsquo;en empreint de majesté et presque de religiosité : ce sont eux, les livres, qui font ces colonnes d&rsquo;où sourdra, avec un peu de chance, la parole de beauté, la parole de sacre, la parole de dénigrement, la parole de narration, la parole d&rsquo;affabulation, la parole de commentaire, la parole de révélation, la parole d&rsquo;explication, la parole d&rsquo;apaisement ou au contraire celle d&rsquo;exacerbation, d&rsquo;enivrement&#8230;<br />
Il y avait le Jérôme de Martinet, ce n&rsquo;est pas courant. Bon augure.</p>
<p>Pour moi, qui suis parti de tant de temps de France, et qui entends vanter des livres sur lesquels il me faut parfois des années avant de pouvoir mettre la main, c&rsquo;était l&rsquo;occasion d&rsquo;en feuilleter plusieurs à la fois, de ceux que les critiques recommandaient, et dont ils avaient excité mon esprit. Et en effet, que des bons livres. Pourtant, après une heure de butinage, la déception s&rsquo;est installée&#8230; Quelle dimension manquait, à tous ces ouvrages, à toutes ces feuilles échappées de la littératures française contemporaine ? Il ne m&rsquo;a pas fallu longtemps pour le repérer : absentes, la prosodie, l&rsquo;euphonie, la cadence, le rythme, l&rsquo;invention verbale — absente, en un mot, la poésie ! Son occultation presque totale dans la vie littéraire française a les effets appauvrissants que l&rsquo;on pouvait tristement prévoir. (Qui lit encore la poésie ? même les professeurs de lettres, au lycée et à l&rsquo;université, qui l&rsquo;enseignent, n&rsquo;ouvrent jamais un livre d&rsquo;un poète dans leur privé, à part une minuscule minorité) Absente la dimension poétique et prosodique, l&rsquo;entransement, il ne reste plus à tous ces livres que les dimensions narrative et, pour le style, la rhétorique.  Pas d&rsquo;expérience de langage, la langue ne parle plus en dehors de ce qu&rsquo;elle dit, renoncement à l&rsquo;ensorcellement.<br />
Je suis sorti avec la récente Histoire du Maroc, de Daniel Rivet. Ma femme s&rsquo;est saisie de Paul Bowles et Edith Warton.<br />
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			<media:title type="html">Librairie des Colonnes, Tanger</media:title>
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		<title>Heureux amants, aux coeurs bardés de lard (La provende médiévale du weekend)</title>
		<link>http://labibliothequedessables.org/2013/01/18/heureux-amants-aux-coeurs-bardes-de-lard-la-provende-medievale-du-weekend/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Jan 2013 19:01:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archéologie du texte]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[coeur]]></category>
		<category><![CDATA[guillaume de lorris]]></category>
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		<description><![CDATA[Ah comment encore parler d&#8217;amour ? Le sujet était déjà éculé au XIIIème siècle ! Comment être original, inventif, intéressant ? Guillaume de Lorris, dont je lis Le Roman de La Rose afin de m&#8217;imprégner de Français médiéval  (dans le &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/01/18/heureux-amants-aux-coeurs-bardes-de-lard-la-provende-medievale-du-weekend/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=1967&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/logo-22.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1968" alt="Baiser médiéval, navet inconnu" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/logo-22.jpg?w=500"   /></a></p>
<p>Ah comment encore parler d&rsquo;amour ? Le sujet était déjà éculé au XIIIème siècle ! Comment être original, inventif, intéressant ? Guillaume de Lorris, dont je lis Le Roman de La Rose afin de m&rsquo;imprégner de Français médiéval  (dans le cadre du travail sur mon nouveau roman, car je crois vouée à l&rsquo;inutilité toute entreprise littéraire qui ne s&rsquo;exprime pas dans une langue idoine, reformulée), Guillaume de Lorris donc fut déjà confronté à cette difficulté, et sa solution ne manque pas de saveur (Roman de la Rose 2335, dans la coll. Les Lettres Gothiques du Livre de Poche, texte édité par Armand Strubel) :</p>
<p>Grant joie en ton cuer demenras          Grande joie en ton coeur éclatera<br />
De la biaute que tu verras                       De la beauté que tu verras<br />
Et saches que du regarder                      Et sache que de la regarder<br />
Feras ton cuer frire et larder,                 Feras ton coeur frire et barder de lard.<br />
Et tout ades en regardant                       Et tant que tu la regarderas<br />
Aviveras le feu ardant.                            Tu aviveras le feu ardent.<br />
Qui cil qui aime plus resgarde,              Car celui qui aime, plus il regarde,<br />
Plus alume son cuer et larde ;               Plus il enflamme son coeur et le barde de lard ;<br />
Cist lart, alume et fet larder                    Ce lard, c&rsquo;est ce qui allume et fait griller<br />
Le feu, qui les gens fait amer.               Le feu qui fait que les gens aiment.</p>
<p>Oui c&rsquo;est tout dit, voilà un romantisme qui parle à mon estomac ! En me fait te souhaiter, cher lecteur, les plus amoureux frottements de couenne !</p>
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			<media:title type="html">Baiser médiéval, navet inconnu</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Petite note de lecture : Tanganyka Project de Sylvain Prudhomme (et WG Sebald : deux versants de l&#8217;écriture du réèl)</title>
		<link>http://labibliothequedessables.org/2013/01/18/tanganyka-project-sylvain-prudhomme-sebald-deux-versants-ecriture-du-reel/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Jan 2013 18:31:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accablements]]></category>
		<category><![CDATA[Enthousiasmes]]></category>
		<category><![CDATA[austerlitz]]></category>
		<category><![CDATA[autofiction]]></category>
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		<category><![CDATA[sylvain prudhomme]]></category>
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		<description><![CDATA[Ayant acheté le roman (?) Tanganyka Project de Sylvain Prudhomme, j&#8217;en remettais depuis plusieurs semaines la lecture, mais pour mieux la savourer: cette tentative de lire le sens d&#8217;une parcelle de terre d&#8217;Afrique — Mwanza, en Tanzanie — sur les &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2013/01/18/tanganyka-project-sylvain-prudhomme-sebald-deux-versants-ecriture-du-reel/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=1947&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/61hhhwob-ql-_aa1500_.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1951" alt="Couverture Tanganyka Project" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/61hhhwob-ql-_aa1500_.jpg?w=150&#038;h=150" width="150" height="150" /></a>Ayant acheté le roman (?) Tanganyka Project de Sylvain Prudhomme, j&rsquo;en remettais depuis plusieurs semaines la lecture, mais pour mieux la savourer: cette tentative de lire le sens d&rsquo;une parcelle de terre d&rsquo;Afrique — Mwanza, en Tanzanie — sur les inscriptions qui la hérissent — panneaux, journeaux — m&rsquo;apparaissait éminemment intéressante, non moins que l&rsquo;insertion dans le texte de tant de documents épigraphiques ; je m&rsquo;intéressais aussi à ce dernier procédé (que le premier à utiliser fut Doblin, dans Berlin Alexanderplatz ?) pour mon roman en gésine, La Bibliothèque des Sables.</p>
<p>Après une vingtaine de pages, ma déception a donc été d&rsquo;autant plus vive. Mais comme ce projet suscite la curiosité, et que l&rsquo;écriture en est honorable, je ne veux pas dans ce billet décourager d&rsquo;éventuels lecteurs — je les encourage au contraire à se faire leur propre idée — mais remonter la pente de ma déception personnelle, pour cerner mieux mes propres idéaux littéraires.</p>
<p>Donc le roman m&rsquo;a paru sympathique, mais dépourvu de la tension qui maintient le lecteur dans le fil de son attention et de son attente : le projet de lire une ville par ses signes, tel qu&rsquo;il est énoncé au début, érige un horizon d&rsquo;attente plus intellectuellement intéressant, que vraiment tentateur. Par surcroît le dépaysement attendu — le transport dans cet univers de signes où s&rsquo;immerge le narrateur —, que l&rsquo;on aurait espéré de la recopie dans le texte de ces inscriptions, ces pancartes, ces publicités, ne fonctionne pas, pour la raison qu&rsquo;elles ne sont pas insérées, mais retranscriptes en caractères noirs muets et presque lugubres : on n&rsquo;y trouve plus du tout le contexte, la couleur émotionnelle, la vie, le capharnaüm d&rsquo;Afrique qu&rsquo;évoque le narrateur en les citant.<br />
À cet égard, j&rsquo;avais éprouvé la même déception à la lecture de <em>Berlin Alexanderplatz</em>, et de <em>The Tunnel</em>, de W.H.Gass. Et je ne puis m&rsquo;empêcher de comparer ce piètre résultat à la fascination que provoquent, en revanche, les photos en noir et blanc qui parsèment l&rsquo;oeuvre du grand écrivain allemand G.W. Sebald. Je ne m&rsquo;attarderai pas sur ce pouvoir de la photo, parce que d&rsquo;autres en ont parlé et en parleront mieux que moi, piètre photographe que je suis, mais aussi parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;en déduire que les écrivains actuels devraient simplement préférer Photoshop au catalogue de polices de Word.<br />
Plus profondément, il me semble intéressant de relever les similarités et les dissemblances entre la manière de Sylvain Prudhomme, et celle, qui semble résulter d&rsquo;un projet à maints égards similaires, de Sebald. Les deux oeuvres se rangent dans des genres littéraires contigüs (si l&rsquo;on <a href="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/81-ydb9ebel-_aa1500_.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1960" alt="Sebald, Austerlitz" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2013/01/81-ydb9ebel-_aa1500_.jpg?w=150&#038;h=150" width="150" height="150" /></a>considère par exemple l&rsquo;<em>Austerlitz</em> de Sebald <em>) : </em> même mélange d&rsquo;autofiction à la première personne, d&rsquo;implication de l&rsquo;auteur comme personnage, d&rsquo;enquête de terrain, d&rsquo;effort vers la restitution pointilleuse du réel, dans une lointaine filiation avec le nouveau roman (on aurait d&rsquo;ailleurs pu aussi évoquer le <a title="Lien article Dieu Modiano et moi" href="http://labibliothequedessables.org/2012/09/21/modiano-dora-bruder/">Modiano de </a><em><a title="Lien article Dieu Modiano et moi" href="http://labibliothequedessables.org/2012/09/21/modiano-dora-bruder/">Dora Bruder)</a></em>.</p>
<p>Ce sont toutefois les différences qui m&rsquo;instruisent.  Chez Sebald, l&rsquo;enquête est humaine, dialogique décentrée, du narrateur vers une ou deux voix (filtrées par la sienne) auxquelles sont donnés l&rsquo;espace de s&rsquo;exprimer et l&rsquo;ampleur nécessaire à convaincre le lecteur de leur existence émotionnelle ; il en résulte un livre habitées de plusieurs présences empathiques, émouvantes. En revanche chez Sylvain Prudhomme les portraits sont de l&rsquo;ordre du médaillon exotique, l&rsquo;homme (et, au passage, pas la femme) n&rsquo;existera que le temps d&rsquo;un dialogue savoureux en pidgin ou gibberish anglais (souvent l&rsquo;occasion de s&rsquo;extasier, bizarrement, sur la plus grande saveur de l&rsquo;Anglais comparé au Français, mais alors pourquoi ne écrire carrément en Anglais ?), ce sont plutôt des enregistrements de voyage, inscrites dans la tapisserie des paysages et des signes, que des présences réelles.<br />
De même, alors que Tanganyka Project ne semble pas développer ou receler d&rsquo;autres narration que la quête du réel, et du sens d&rsquo;un lieu (ou de soi-même, probablement) à travers les signes, on trouve dans les romans et nouvelles de Sebald des diégèses (des histoires, pour le dire plus simplement) latentes, actualisables, qu&rsquo;il appartient au lecteur de reconstituer en lisant entre les lignes  de l&rsquo;enquête humaine à laquelle le narrateur se livre, et en décryptant les vibrations des voix auxquelles la sienne fait place. Ces histoires naissent toujours, comme des plantes opportunistes et subreptices, du terreau de l&rsquo;Histoire avec un grand H, des archives, des témoignages : notre patrimoine commun, ce domaine du passé qui n&rsquo;existe que par le soubassement de l&rsquo;empathie, de l&rsquo;amitié entre les humains. Et les fleurs discrètes que les témoignages sébaldiens portent au jour dans les interstices de l&rsquo;Histoire, ont d&rsquo;ailleurs pour nom : amitié, émotion, amour.</p>
<p>(Notes, réflexions et injonctions, pour l&rsquo;information d&rsquo;un projet personnel.)</p>
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			<media:title type="html">yanngarvoz</media:title>
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			<media:title type="html">Sebald, Austerlitz</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La Masochiste, par Guillaume de Lorris</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Dec 2012 14:10:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Garvoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archéologie du texte]]></category>
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		<category><![CDATA[tristesse]]></category>

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		<description><![CDATA[Tristesse est personnifiée dans le Roman de la Rose (ci-dessous, suivi de la traduction en Français moderne) : ne croirait-on s&#8217;avancer un marbre allégorique de Rodin, drapé dans un voile funeste ? Ou mieux, ne croirait-on reconnaître quelques personnes de &#8230; <a href="http://labibliothequedessables.org/2012/12/28/la-masochiste-par-guillaume-de-lorris/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=labibliothequedessables.org&#038;blog=26021242&#038;post=1930&#038;subd=labibliothequedessables&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://labibliothequedessables.org/2012/12/28/la-masochiste-par-guillaume-de-lorris/loadimg/" rel="attachment wp-att-1931"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1931" alt="Tristesse" src="http://labibliothequedessables.files.wordpress.com/2012/12/loadimg.jpg?w=150&#038;h=107" width="150" height="107" /></a>Tristesse est personnifiée dans le Roman de la Rose (ci-dessous, suivi de la traduction en Français moderne) : ne croirait-on s&rsquo;avancer un marbre allégorique de Rodin, drapé dans un voile funeste ? Ou mieux, ne croirait-on reconnaître quelques personnes de notre connaissance, qui se sont fait un bel enfer intérieur auquel ils tiennent plus que tout, et dont ils ont muré les issues ? Hélas, ce jardin intérieur du maso, comme il nous est facile d&rsquo;en reconnaître chez l&rsquo;autre les allées et les bosquets, et comme, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit du nôtre, nous en habillons les travées de nécessité, et de toutes sortes d&rsquo;autres fallacieuseries !</p>
<blockquote>
<pre>291  "Delez Envie auques près iere                   
     Tristece painte en la maisiere;
     Mès bien paroit à sa color
     Qu'ele avoit au cuer grant dolor,
     Et sembloit avoir la jaunice.
     Si n'i féist riens Avarice
     Ne de paleur, ne de mégrece:
     Car li soucis et la destrece,
     Et la pesance et les ennuis
     Qu'el soffroit de jors et de nuis,
     L'avoient moult fete jaunir,
     Et megre et pale devenir.
     Oncques mès nus en tel martire
     Ne fu, ne n'ot ausinc grant ire
     Cum il sembloit que ele éust:
     Je cuit que nus ne li séust
     Faire riens qui li péust plaire:
     N'el ne se vosist pas retraire,
     Ne réconforter à nul fuer
     Du duel qu'ele avoit à son cuer."</pre>
</blockquote>
<p>&quot;À côté d&rsquo;Envie, à quelque distance, il y avait, représentée sur la muraille, Tristesse. Or, il apparaissait bien à sa couleur que son coeur était plein d&rsquo;une grande douleur : on eût dit qu&rsquo;elle avait la jaunisse, et à côté d&rsquo;elle, la pâleur et la maigreur d&rsquo;Avarice n&rsquo;étaient rien, car les soucis, la tristesse, la peine et les ennuis qu&rsquo;elle souffrait jour et nuit lui avaient donné un teint bien jaune et l&rsquo;avaient rendue maigre et pâle. Jamais être ne fut né pour subir un tel martyre, et ne vécut telle angoisse comme ce qu&rsquo;elle semblait connaître. Je crois que personne n&rsquo;aurait su quoi que ce soit pour lui plaire et qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait voulu sous aucun prétexte renoncer au chagrin qu&rsquo;elle avait dans son coeur&quot;</p>
<p>(trad. Armand Strubel, Le Livre de Poche coll. Lettres gothiques)</p>
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