Archives de Tag: méditation

Voyageur Un

Sifflements
Embrasure des
galaxies déroulées
Silence
Sil

Voyager 1 a quitté le système solaire

40 000 ans. Quelqu’un
?
Mes yeux mes yeux se ferment se rouvrent se ferment je taie sous eux les recouvre 40 000 ans tc tc tc Un souffle
Un souffle n’a fait que passer n’a fait wegh-(*weǵʰ-)/via/viaticum/voiage/voyager1 que portes-tu de nous Voyager1 de nous qui sommes  morts tous poussières Ann&Carl Carl&Ann ovulation propice à la pointe de ta nudité les ondes de la méditation dérangées par l’orgasme
les vagues de l’orgasme sur l’encéphalogramme
l’espace s’entrouvre à la douce tactilité de l’antenne fouille l’espace-père de l’espace qui est père de l’espace qui est père de l’espace qui est il n’y a rien là haut que convoieront les ondes rien plus que le goût du sel sur ma langue
ici-bas ici-bas le rien illumine les coeurs dans la salle où tous les écrans le champagne clignote les écrans tintent les écrans sur les coeurs ouvrent des lucarnes on boit on mouille on bande comme des microprocesseurs comme en 1977 c’était avant avant
avant tout ça
tu sais
40 000 ans mes yeux se ferment Margarete un souffle /wegh-(*weǵʰ-) wegh- l’encolure la chaleur de l’encolure sous le crin son parfum fort de l’amitié l’alliance du vivant efface pour un instant la plaine de la jeunesse un instant la plaine de la jeunesse qui pète de désir sous le soleil là-devant sous le soleil hérissée de faux la plaine de la jeunesse toute hérissée des faux semblants de la jeunesse et on est aspiré dans la trouée aspirés qu’on est tous
aspirés
dans la trouée
il n’en restera rien
pas un
/via l’orgueil pour où? ubris l’orgueil où est-il et pourquoi? je tape la tête sur les murs tape où? comment? comment l’aboutir l’embouter le rebooter tape tape plus fort les éclats volent les éclats de murs les éclats de tête toujours l’orgueil tape les éclats des mots les éclats du passé les éclats de la perdition il demeure réside est engendre rit l’orgueil au centre de sa toile au centre d’où partent les collines septèmes
amor
un debout sous le regard des dieux ou plutôt les dieux à son service les dieux tout petits et serviles portés sur son épaule son regard porte au loin éblouit strie la plaine il trace la plaine administre les pas lents des légions donne les routes et donne les chemins des déroutes piétinent le sylphe vins amphores le sylphe double sillon des roues comment comment comprendre que les routes étaient courbes qu’il n’y a rien de droit comment comment le pouvait-il comprendre le peuple de l’équerre en ce temps les poignards valaient plus que affutaient valaient plus que les mains valaient
/viaticum/voiage  pavées de coquillages d’ermites de boîtes de soupes à cheval de conserve sur les routes de poètes pendus de pauvres types à la recherche la recherche d’un Dieu d’un Dieu d’un Dieu Lui s’épuise dans le 238PuO2  (P0 ( 1 – 0,5t / 87,74 ) en années et non en siècles et non en lustres et non en éons) car cloué sur une croix même lui Lui s’épuise en isotopes et comment comment savoir s’il est le chat de la boîte est-il ce sont li troi mor e li troi vif le chat de la boîte est-il mort Il furent si con Duc et Conte Troi noble home de grant arroi ces grandes cathédrales aux croisées où s’enchaînent les livres il fallait être bien grand seigneur bien grand seigneur pour obtenir recru de travaux et de veilles il avait  fait copier la fleur de sa librairie sur de grandes feuilles reliées d’ivoire serti de pierreries de sorte que même à cheval même à cheval Voiageur Un une langue naissait des routes d’oc et d’oïl des manuscrits d’Italie Voyageur Un Troubadour tu es bien plus ancien bien plus ancien que N’A SA grandeur bien plus ancien que Lui qui s’éclipse dans l’héliogaine qui épuise ses rêves en giclures d’isotopes sur le pli drap en années et non en éons sur le pli d’un drap sale

Le choc terminal ruée rué d’or dans l’ultime moisson worksheet43 moisson de chiffres pluie sur les ruée d’or rotondités où baignent les cervelles dans la lumière l’or des photons tombés des écrans magnétosphères ensuite
?
?
?
je me relève tu trembles dans le vent tu trembles particulaire dans le vent tes larmes 197Au se dénouent orbitales atomiques orbitales la nécessité tes larmes qu’emporte qu’importe nous ne serons bientôt que pou
dre
40 000 ans Voyager 1 pas un oeil ne se lèvera pas un oeil ne subsistera pas un cil pas un iris pas le monde d’un iris Carl&Ann Ann&Carl ton horloge ne battra plus qu’un temps incomp ne battra plus que Sa plainte sa morne plainte moagnétique 238PuO2 comprendront-ils comprendront-ils l’emboîtement des sexes comprendront-ils Ann le tressaillement de ta méditation comprendront-ils que Carl que perle comp le tressail que Carl dans l’affolement soudain de ton iris que languoisse repos ressoufle reflux acceptation bientôt
Que donne ma main ? que donne ma main à l’aube au déroulé des temps? que donne ma main de fer ma main bardée d’antennes du souvenir sur les routes d’Italie les routes de l’orgasme ma main sur l’encolure de la plainte la maîtrise de l’isotope le souvenir d’un sourire dans la magnétosphère l’ovule éternelle de ton sourire
notre méditation s’achève nous avons envoyé là haut si loin si vide nous avons envoyé là haut à la commisure du temps et de l’espace au liseré nous avons envoyé
CLIQUER : Voyager golden record : greetings from UN secretary Kurt Waldheim (recording)

Kurt Waldheim, Wehmacht, Yougoslavie 194?. Futur secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies

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Méditation 3

Émousser ce ressort qui va du coeur à l’âme, de l’âme jusqu’à la vie tendue — vita tesa. Si l’oeil doit se retourner dans sa vulve, qu’il ne retrouve dans sa visée intérieure les tours concupiscentes de la cité des appétits, vues d’en haut, ni d’en bas.

 

 

 

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Mer calme, soleil couchant, conscience tempestueuse : un texte magnifique et subversif de Ludewic MacKwin

Une tempête subversive de notre monde et de nos valeurs fomente sous le calme de ces lignes. L’ami Ludewic MacKwin, grand nègre de chaux vive exilé dans les neiges, me fait l’honneur de confier à ma Bibliothèque des Sables ce texte de grande beauté, dont les thèmes viennent étonnamment télescoper ma lecture du Point Omega de Don DeLillo, dont je parle par ailleurs dans un article. YG

Demain, il fera beau..

Le vent apporte des promesses inavouées, le soleil tombe des cieux, lentement, dans une déchéance qui ne surprend plus le regard, il s’enfouit, il se meure, il s’évapore, il se refugie dans la mer, comme si même le monde ne lui paraissait plus aussi digne de son éclat.. Les vagues apportent quelques murmures éteints, peut-être ceux des marins qui s’en vont si loin, peut-être ceux des amoureux qui se languissent de ce temps heureux où ils marchaient le long de ce boulevard sablonneux, enlacés, fièrement à l’écart du tumulte angoissant de la réalité.. Les vagues viennent lécher le rivage déserté par les illusions irrésistibles, les infinies ouvertes que l’on remplie de nos profondes espérances, elles se prosternent à nos pieds, roulent et s’étalent dans une danse rythmée par la même et perpétuelle symphonie de liberté..

La douceur de chaque rafale pousse le désir d’évasion à son paroxysme, le vécu quotidien apparaît dans son abjection naturelle, cruellement des milliers de questions se bousculent, des interrogations silencieuses, muettes qui ont perdu le sens de la rationalité attisent l’abandon de ce que l’on fut, de ce que l’on est, pour une inconnue obscure mais si reluisante, les envies se font pressantes, on se jure d’être anarchiste de sa propre existence, révolutionnaire à culotte courte, les pieds nus ancrés dans le sable, on pactise avec soi même en se disant que quelque chose doit changer.. Mais au final, on le sait rien ne changera, parce que l’on ne peut se le permettre, la civilisation nous a rendu obligés de ses déraisons, de ses illogiques rationalisées, de ses incohérences implacables qui structurent chaque respiration de notre esprit.. Face à la mer, le cœur ressuscite de son hibernation, le soleil crépusculaire fond les glaciers gigantesques, et l’encéphalogramme fait des soubresauts qui sont comme des électrochocs pour l’ âme ; la vie, la vraie, pas celle que nous mimons dans ce quotidien fait de béton et d’acier, de courses folles vers la reconnaissance, de combats enragés pour la survie ; fait irruption et bouleverse l’ordre niais et intelligible des choses, il y a des ailes qui poussent, et les cornes qui disparaissent..

Nous ne devenons pas des anges, nous rentrons dans notre état originel, l’humanité sublimée par le feu de la rébellion.. Trop longtemps nous avons cru que perdre l’auréole de l’Eden était notre malédiction, et pourtant nous avons été maudits le jour où nous avons cessé de nous rebeller contre ce qui nous dénature, les restrictions incompréhensibles mais que l’on juge bonnes, les carcans infâmes, les prisons idéologiques d’où jaillissent des rivières de sang, la crainte de l’irréel que les mafias religieuses se sont empressé de s’approprier, l’angoisse de cet enfer qu’est le doigt de l’anathème, pire que le plus terrifiant des réquisitoires de l’inquisition.. Nous avons abandonnés lâchement ce que nous sommes par conformisme à un pacte social de deshumanisation, pour des promesses d’éternité que l’on annonce toujours et qui ne se matérialisent jamais.. La mer nous effleure, nous interpelle, nous interroge sur ce pourquoi nous avons tout délaissé, l’essentiel et l’authentique, pour ne devenir que des ombres spectrales de ce que nous fumes jadis.. Elle se glisse dans l’ordonnancement de la vie, s’incruste clandestinement dans les saillies de la conscience troublée, creuse encore plus les sillons douloureux, réveillant brutalement les souvenirs flous de ce que fut l’humain avant de se laisser transformer en machine.. La mer dévale, se heurte, nous heurte, envahit et se retire pour donner à ce qui vient de se réveiller, de s’émouvoir, l’ultime opportunité de s’habiter avant que l’amnésie volontaire ne frappe de nouveau..

Il reste un long trait rougeâtre à l’horizon, coincé entre les eaux désormais sombres et des cieux où ne brasille aucune étoile.. Le trait s’allonge, dans une trainée lumineuse, obstinée à ne rien céder à l’obscurité qui prend ses quartiers, il y a là comme une métaphore surréaliste dans ce spectacle de fin de cycle, une sorte de bouteille jetée à la mer porteuse dans son creux d’un message d’Espoir : qu’importe les extinctions dans nos vies, demain il fera beau..

 

Ludewic Mac Kwin De Davy..

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Entre les mots

     Langue, pensée : plus n’errerez ! Marc-Aurèle prône dans son cahier d’exercices spirituels — cahier baptisé Pensées pour moi-même par la postérité — un usage dirigé et utile, lucide, de nos pensées… Exercice mental qui n’est pas sans similitude avec l’exercice de la méditation…

      " Il faut donc éviter d’embrasser, dans l’enchaînement de tes idées, ce qui est aventureux et vain, et beaucoup plus encore ce qui est superflu et pernicieux . Il faut t’habituer à n’avoir que les seules idées à propos desquelles, si on te demandait soudain : « A quoi penses-tu maintenant? » tu puisses incontinent répondre avec franchise : « A ceci et à cela . » De cette façon, on pourrait voir aussitôt et avec évidence, que tout en toi est simple, bienveillant, digne d’un être sociable, indifférent aux idées de volupté ou, pour tout dire en un mot, de jouissances ; insensible encore à la haine, à l’envie, à la défiance et à toute autre passion dont tu rougirais, s’il fallait avouer que ton esprit la possède ", nous enjoint le bon Empereur…

     Je me repose à cette idée d’une pensée linéaire, signe pur déposé sur un fond clair et tranquille, nuée nulle au lointain et pas un trouble au profond ni au proche. Mais en vérité, il faut savoir espacer les mots, pour que puisse transparaître et naître l’événement, venu de leurs interstices… Notre participation n’est pas requise : notre convoitise sourde suffit à pincer les cordes de silence, entre les mots !

      Une ondulation, l’ombre de la beauté, un fin plissement de la lacune, suffiraient bien sûr à notre joie demeurée souveraine ; hélas ! dans l’événement percent la peur, l’angoisse, la tenaille menaçante de l’angoisse ! C’est nous que ce bouquet regarde : l’espace de vie, entre les mots, est aussi l’espace de notre mort.

(sur Marc-Aurèle et le stoïcisme, voir le précieux livre  de Pierre Hadot, La Citadelle Intérieure)

(Une pensée subreptice et corollaire : le Dieu en nous, depuis Marc-Aurèle, depuis le stoïcisme, et jusqu’au XIXème siècle peut-être, c’était la Raison… Désormais, sauf erreur de ma part un espèce de vitalisme, récemment new-agisé, l’a remplacée, et le Dieu serait le désir, la vie, l’impulsion… Ce changement de paradigme légitime bien des choses, et pourrait contribuer à expliquer notre époque…)

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Méditation suite…

Le vent souffle sur le balcon, soulevant des images et des souvenirs du désert. Peut-être que le vide pourra me sauver, peut-être que surgira du désert la flamme bleue — ou un fin ruisseau, une voix — qui seraient moi.

Ou peut-être que la table rase elle-même fera place, s’ouvrant sur le chaos, les agrégats flottants des visions, des peurs, des pulsions… Il n’y aura RIEN, mais le RIEN aura la forme d’un plein grouillant, insensé, terrifiant…

 

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MÉDITATION

Devenir soi-même ce que l’on perçoit… L’éponge du bruit d’un arbre, les filaments expressifs du vent, les yeux affolés des insectes au fond de leurs terriers de chlorophylle…

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