EN-TETE DU MOMENT : DÉTAIL D’UN TABLEAU DU PEINTRE ALEXANDRE SUZANA

Alexandre Suzana :  »

« Je suis un Homme déchu. Un atome perdu dans les limbes de la Vie en quête d’existence, de sens. Si mes médiums sont la peinture ou bien l’écriture, je ne prétends rien, car je n’y connais rien. Je laisse aux autres les satisfactions du « savoir » (ou du « croire savoir »). Je n’ai pour moi que ma sensibilité, mon extrême et douloureuse sensibilité, mes traumatismes démoniaques, mes tourments. Mon âme jouit du châtiment avec cette Putain qu’est la Vie, dans sa complexité, dans son immensité, dans sa cruauté, dans son néant.
En attendant de pouvoir vivre la Mort comme une délivrance, je tente de mourir la Vie dans l’expérience. Chaque instant est une souffrance ; chaque souffrance me fait sentir vivant dans le néant. L’Homme que je suis est un être en lambeaux aux viscères putrides, ma verve n’est que la liquéfaction d’un mal cancéreux métastasé. Je laisse le fantasme de la guérison au commun ; je n’ai même plus foi en la rémission. J’épanche les « nécrofluides » sur le lin ou sur le papier comme un témoignage.Une vie ne suffirait pas à réaliser l’étendue du tout, ni même à comprendre une infime partie. Néanmoins, l’érudition, le savoir con de mes congénères génère l’admiration, et la stupéfaction aussi par l’ignorance qu’elle cache derrière son étalage (j’épanche ici ma jalousie, ma rancœur de procrastinateur indolent). J’admire pourtant la race Humaine, je la hais ; elle me fascine de sa richesse inconsciente. Sa bêtise est à la hauteur de son intelligence. Nous nous sommes programmés à l’autodestruction, nous sommes une race hiérarchisée perverse et cannibale.Qui ou Que suis-je…
Un accident. Un acte raté. Une vulgaire erreur. Une bête infâme nourrit par l’observation, l’analyse, la constatation, l’expérimentation, l’attention, la considération, l’objection, la réflexion. Je ne suis rien, je ne suis que ce que Nous sommes, je ne suis que ce que Vous êtes. Je ne suis personne et tout le monde ; je suis semblable et différent à la fois ; Je suis ce paradoxe existentiel. Je suis un funambule sur le fil psychotique tissé de schizophrénie et autres folies. Je suis l’individu lambda parmi la masse, avec cette sensibilité accrue. Un procrastinateur soumis aux lois de l’indolence. Je suis. Je suis. Je suis. Je suis. Je suis. Je suis. Je suis. Je souffre.
Si je suis un égocentrique narcissique ? Avais-je le besoin que vous le pensiez pour que je le sache ? Non. Je pense être un synonyme d’Artiste, peut être, puisqu’en ce bas monde, en cette société, il faut mettre les gens dans des cases, étiqueter. Je hais ce mot, cependant il faut avouer qu’il est l’un des seuls qui exprime, ce que comme d’autre, « Je » est.

Amen. »


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Classé dans Fraternités, intertextualités, Grains de sable isolés

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