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VIDÉO : Lecture publique d’un extrait du prologue de Plantation Massa-Lanmaux

Une première soirée de lectures publiques des finalistes, précédait de 24 heures la remise du prix littéraire Trillium décerné par la Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario, (SODIMO, un organisme qui relève du ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport de la Province de l’Ontario).
Ce furent deux belles soirées, consacrées aux auteurs et à la littérature (avec, évidemment, l’inévitable enrobage média et partysant, qui par moments finit par recouvrir l’objet qu’il est censé célébrer). Néanmoins, durant les deux soirées, j’ai eu l’impression que tous nous rendions hommage sans discussion aux formes traditionnelles de la littérature, de sa création à sa production à sa réception, alors même que sous ces formes elle est chahutée par les nouvelles technologies : liens hypertextes des liseuses, livres multimedia, bientôt oeuvres qui se modifieront en fonction de vos données personnelles, de votre localisation, de votre carnet d’adresse, voire de l’environnement sonore et lumineux au moment de la lecture, de l’inclinaison de la liseuse… Les possibilités sont vertigineusement infinies, qui probablement vont transformer l’acte de lecture dans la décennie à venir. Or, sur les deux soirées, pas une seule fois le mot « internet » ne fut prononcé, non plus que celui de « numérique ».
Je me promettais, si lauréat, de dire un mot sur le sujet à la tribune, Alas ! Poor Yorick, l’occasion ne nous fut donnée, ni le Trillium. Renvoyons donc à de futures discussions, inévitables, les questionnements sur la nature changeante du livre.
Le premier lien est celui de ma propre lecture : d’abord la présentatrice de la soirée, puis votre serviteur à 1min20 du début, lecture du prologue de Plantation Massa-Lanmaux à 2min30.
Ensuite, j’ai voulu profiter de cet écran pour ajouter la lecture, durant la même soirée, par Joëlle Roy, d’un extrait de son roman XMan est Back en Huronie, qui m’a paru très intéressant (je l’ai acheté mais pas encore lu) pour son  travail sur la géographie et la langue française du nord de l’Ontario. Et puis, en troisième lien, les poétiques Apocryphes du Coeur de l’ami François Baril Pelletier. Enfin, pour les anglophones, le lauréat du prix du roman de langue anglais, Phil Hall ; et la lecture truculente de son Idaho Winter par Tony Burgess, personnage haut en couleur, talent, humour.
Disclaimer : je n’ai encore lu aucun des livres de ces confrères !

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Petite provende antiquisante du weekend : les mots et leur contre-erre

Rapide passage au marché des mots cette fin de semaine : tout rutilants qu’ils soient, comme des poissons sur l’étal, l’actualité m’a empêché d’accorder beaucoup de temps à mon approvisionnement.

Les mots sont donc étalés sur l’étal vivifiant de la page. L’étal est non létal, bien que ce que l’on y dispose se trouve en général déjà de l’autre côté du seuil tranquille. Mais de même que c’est lorsqu’elles franchissent ce trépas que certaines vies prennent tout leur sens (que l’on songe à Montaigne, pour qui la vie est préparation à la mort), de même le sens des mots déborde  parfois, se nuance ou se cerne, de celui de leur antonyme. Ainsi du mot « rime » : les doctes  débattent de son origine mais restent inconclusifs, le « rythme » étant un candidat sémantiquement décent, mais linguistiquement douteux, à être son ancêtre. Or il me plaît à moi de penser que la rime vient du latin rima, « fissure », malgré l’apparente distance de sens : car la rime vient justement combler l’inquiétante fissure entre les vers, et jeter un pont sur un abîme où, croirait-on, le langage cesserait abruptement, et le souffle expirerait — la rime c’est le signe de foi, c’est le liant qui nous rassure et nous prévient de la ruine du verbe au vertige de la marge. Car la ruine, c’est la chute, étymologiquement, loin des images de colonnes, murs ou autres remparts tendant, ascensionnels, leurs moignons antiques vers le ciel vide et le présent ingrat. Murmure des siècles… Le murmure en latin, d’ailleurs, admet toutes les gradations, du chuchotement au grondement : « un murmure terrible » devrait être tout aussi acceptable qu’un « murmure presque inaudible ».

Le murmure qui m’a pas mal occupé cette semaine, ce fut la nomination de Plantation Massa-Lanmaux au 25ème Prix Trillium du gouvernement de l’Ontario, et ma présence à la cérémonie de présentation des finalistes. Il s’agit de l’un des deux ou trois prix littéraires les plus importants du Canada, et je dois dire que la surprise et la joie ont bien occupé mes pensées, les détournant de leurs fructifications habituelles. En quelque sorte le Coût du Prix.

Fol est celui qui des mots ne retient que l’avers (et fol celui qui ne vit que dans leur revers).

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