Embedded : les métaphores qui tuent d’Aurélie Colas, chro-niqueuse de l’école au Monde

Étrange perversité que de dire une chose, en utilisant des métaphores qui en signifient une autre ! Il s’agit du nouvel article d’Aurélie Colas au sujet des coupes budgétaires et humaines opérées par le gouvernement au détriment de l’école, donc des enfants, et au préjudice de l’avenir du pays. La lèche à l’égard des décisions gouvernementales ne sautent pas aux yeux autant que lors des précédents opus de cette grrrrrande journaliste et de ses collègues. L’article, si on le réduit à son squelette informatif, serait presque neutre : les recteurs sont contraints d’économiser des postes et hésitent entre supprimer des remplaçants et mettre plus d’élèves par classe ou les deux, les syndicats ne sont pas d’accord. Mais quelles métaphores la Colas utilise-t-elle pour dramatiser son papier ? En l’occurence, avec 60000 profs en moins en 5 ans, deux tiers de petits enfants de 3 ans scolarisés en moins, quasi disparition des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED), ce qui serait adapté ce serait parler de massacre, d’équarrissage, de gigantesque plan social, de destruction de l’éducation… Non ! Pas pour Madame Colas ! Il s’agit, je cite, de « gisement d’économies » ! Un « gisement », c’est là où l’on trouve de l’or, du charbon, des métaux précieux… C’est disponible et on n’a qu’à le ramasser, comme toutes ces économies à faire dans l’éducation, quoi ! Quant aux remplaçants qui disparaissent pour être affectés sur postes fixes, eh bien on puise dans « un vivier » : comme les poissons et les homards chez le poissonnier, ils sont là disponibles pour qu’on les prélève, autant dire qu’ils ne servaient à rien. On va aussi « rationaliser l’offre de formation »…

Comme si les métaphores étaient neutres ! Aurélie Colas est-elle si ignorante de ce que c’est que le langage, qu’elle pense qu’on utilise des métaphores pour faire joli  ? Elle nous avait déjà fait le coup en parlant de « la manne » que représentent les heures supplémentaires pour les profs, lors d’une précédente oeuvre de propagande. Même les neurosciences et la psychologie expérimentale ont confirmé que les métaphores utilisées pour décrire une situation, un fait ou un objet, vont modifier le point de vue et les actions de l’interlocuteur. En vérité ce qui est évident dans ce dernier article c’est que, sous couvert de description objective des faits, ce sont les éléments de langage ministériels qu’Aurélie Colas incruste dans son papier. Cela s’appelle une manipulation.

(« embedded » : se dit d’un journaliste qui couvre des opérations en étant amené sur le terrain par l’un des belligérants.)

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Classé dans Grains de sable isolés

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