Archives de Tag: la bibliothèque des sables

Méditation suite…

Le vent souffle sur le balcon, soulevant des images et des souvenirs du désert. Peut-être le vide est salvateur, peut-être que surgira du désert la flamme bleue — ou un fin ruisseau, une voix — qui seraient moi.

Ou peut-être que la table rase elle-même fera place, s’ouvrant sur le chaos, les agrégats flottants des visions, des peurs, des pulsions… Il n’y aura rien, mais ce rien aura la forme d’un plein insensé, grouillant, terrifiant…

Autres jaculations nocturnes et diurnes

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MÉDITATION

Devenir soi-même ce que l’on perçoit… L’éponge du bruit d’un arbre, les filaments expressifs du vent, les yeux affolés des insectes au fond de leurs terriers de chlorophylle…

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Bourdonnements

Un poème empreint dans un corps…?

Invasion ! Invasion ! Je suis l’Essaim !

Les norias de ces terres plates tournent trop lentes

Pour les desseins

De ces frelons

Qui les recouvrent

Et les mots furent jouxtes si drus qu’on ne put plus distinguer

Un vol d’oiseaux

Emmi les lettres

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Philosophie (aboli bibelot ?)

Héraclite, Platon, Marc-Aurèle — ceux-ci en Grec —, Pyrrhon qui n’a rien écrit, Montaigne, Descartes, Spinoza, Pascal, Kant, Schopenhauer, Freud, et qu’en reste-t-il ? (Au deux derniers toutefois, je dois la confirmation spirituelle de l’Être, ce qui n’est pas rien !) Qu’en reste-t-il lorsque le sommeil se retourne sur l’abîme ? Voici ma philosophie : je me jette dans la nuit, j’étreins de grandes masses sombres, eles n’ont pas de forme dans l’ombre, je lutte, je me cramponne au monstre — comme Robert-le-Diable le fit aux pieds du Pape, dans les enluminures des retables et les coups des huissiers — au matin plein de sang je n’ai pas lâché prise, je le dévoile enfin ; il a mon visage, le malin…

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« Raid Citroën, première traversée du Sahara de Touggourt à Tombouctou par l’Atlantide », reliure demi-basane marron, dos orné — LES AVENTURES DE L’ADJUDANT CHAPUIS, DEUSE

Les braves autochenilles, beurrées à la graisse de chamelle

Vers Chapuis Une

La belle Aïsha, princesse berbère rescapée d’un rezzou par l’expédition, refuse les avances de l’adjudant Chapuis. Les autochenilles pètent héroïquement des bielles de poulie, pendant que l’adjudant se graisse les bacchantes en couvant du regard la tente d’Aïsha. La belle doute que la situation de l’adjudant auvergnat soit vraiment digne d’elle. Le reste de l’expédition, pour la convaincre, prétend suivre les ordres de Chapuis comme un seul homme. Ce qui n’est pas du goût de l’ingénieur Haardt, directeur général des usines citroën, homme ombrageux et inutile, et dont on voit bien qu’il a été rajouté après coup sur les photos. Le vent se lève et déplace des dunes, lorsque survient une attaque de chameaux en rut, attirés par les autochenilles qu’ils prennent pour des chamelles également rutilantes, à cause des odeurs de graisse. Chapuis tente de protéger Aïsha, qui ne risque rien, mais c’est Audouin-Dubreuil, fier Saint-Cyrien et vrai chef de l’expédition, qui juché sur l’une des voitures graissées à la graisse de chamelle, fait fuir les animaux ithyphalliques, en leur récitant Le Lac de Lamartine… Pourquoi l’Atlantide ? Chers lecteurs, la suite au prochain épisode.

Vers Chapuis Tèr
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« Raid Citroën, première traversée du Sahara de Touggourt à Tombouctou par l’Atlantide », reliure demi basane marron, dos orné : Les Aventures de l’Adjudant Chapuis UNE

L’ingénieur et le soldat, réunis pour l’avancement de la civilisation, attendent le cuistot devant une assiette vide

C’est avec émotion que je coupe et lis pour la première fois les pages, imprimées en 1923 et jamais lues, du « Raid Citroën, première traversée du Sahara de Touggourt à Tombouctou par l’Atlantide », reliure demi basane marron, dos orné — envoyé par une librairie anglaise… Un style inimitable : « pour la gloire de l’industrie française », « notre Empire africain », « Vive la France ! », etc… J’en ai la chair de poule et la Marseillaise me monte au nez, je me mets au garde à vous à toutes les pages ! Et qui se souvient de l’adjudant Chapuis ? Adjudant Chapuis, du bas de tes bacchantes, ce sont 90 années d’héroïsme militaire qui nous contemplent ! Pour tout mon persiflage, ces pages restent imprégnées de l’enthousiasme et de l’euphorie de l’exploit… Cette lecture, pour mon prochain roman ; j’y reviendrai sans doute ; pourquoi l’Atlantide ? Chers lecteurs, la suite des aventures de l’adjudant Chapuis, comment il vécut comment il mourut, et ses amours avec la princesse berbère sauvée du rezzou, au prochain épisode…

Vers Chapuis deuse : bliquez ici !

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un petit joyau, LE PARADIS DE LA REINE SIBYLLE, d’Antoine de La Sale, 1437

Il s’agirait du premier conte fantastique de notre histoire littéraire : Antoine de La Sale, l’auteur du best-seller du 15ème siècle, Jéhan de Saintré, y raconte l’ascension qu’il fit, dix ans plus tôt, de la colline qui monte à l’antre de la sibylle de Cumes, près de Naples… De la caverne qui s’ouvre à son sommet souffle un vent violent, après quoi, si l’on entre, il y a un pont au dessus d’un abyme bouillonnant, puis des portes de fer qui battent éternellement, et encore deux dragons phosphorescents dans les grottes suivantes, avant de parvenir au paradis souterrain de la reine Sibylle, où le Malin donnera à l’intempérant bien des occasions de pécher (d’où le titre ambigu, à moins de le comprendre, au sens déjà ancien à l’époque d’Antoine de La Sale, de « jardin merveilleux »)… À vrai dire, Antoine n’est pas allé aussi loin, mais un moine du cru lui a raconté que… Enfin, le moine non plus n’a rien vu, mais deux chevaliers allemands, autrefois… Ou plutôt un autre chevalier, et son serviteur… La gigogne des récits-cadres place le témoignage dans la dépendance du crédit que l’on peut accorder aux différents narrateurs, situation décrite par Todorov dans sa classique introduction à la littérature fantastique… Mais cette description fonctionnelle s’applique t-elle encre dans le cas du merveilleux médiéval ? Le chrétien du moyen-âge frissonnait peut-être à cette évocation d’une porte ouverte des enfers, dans le sud de l’Italie… Cette ambiguïté fait le charme de ce récit, avec sa langue savoureuse. On peut discerner aussi des thèmes antiques : descente aux enfers, emprisonnement sensuel (île de circé), seuils symboliques entre les mondes…

Le conte fut publié dans le recueil qu’Antoine de la Sale nomma sa Salade ; on le trouve sur Gallica (magnifique édition de 1522 à télécharger).

J’ai fait moi-même le pélerinage de l’antre de la sibylle, dans les années 1990, au cours d’une journée où il m’est arrivé bien des choses étranges, preuve que l’enchantement de ces lieux magiques demeure.

« Les gens a qui il comptoit ces choses lui demandoient des merveilles de celle cave, et qui il y avait trouvé. /// Dessoubs ce pont a tresgrant et hydeux abisme de parfondeur, et au fons oyt on une tresgrosse riviere… tant est la hideur merveilleuse »

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