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In fair no

Alexandre Suzana Their truth my damnation

Une forêt ossifiée par le froid ; sur les crêtes noires, des phalanges squelettiques pointent et grattent un ciel sans profondeur. Un occulte signal déclenche l’égaillement, excentrique et rapide, de très vieux hommes voûtés, chenus, en laisse tirés par des chiens variés en tailles et couleurs ;
ça n’a duré qu’un instant, il n’y a plus personne.

Des collines s’arrondissent sous les pas, vous dissimulant d’où vous venez et où vous allez. Des projecteurs vous perforent le regard, aucun insecte pour s’ébattre dans leur lumière raréfiée. Il faut traverser une eau noire et puante, qui siffle sur des piques de glace.

Enfin au point le plus profond
Vide le lieu, supposé foyer de la connivence
Vieux hommes quel  secret triste  obscurcissent vos yeux ?

(Tu portes en toi ta mort)

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Quatre rêves

Effet de manoir oublié. Fouillis de vêtements sur la patère derrière la porte : secouez-les de la main, et vous entendrez des cris de femmes dans les pavillons des manches… Des morts mugissent dans ces guipures… « Pater »… « Pas taire »!

Dans un hôtel à la lisière du désert, j’ai vu une femme partir dans les sables pour y brûler un oiseau vivant, qu’elle tenait par les ailes. À la nuit elle n’était pas revenue : j’ai éclairé la fenêtre, et l’oiseau attiré par la lumière a surgi derrière une vitre : un oiseau de proie qui n’avait qu’un oeil rouge, de la fixité perçante des yeux de rapaces…

« Aime moi », appellent tous ces enfants. Ils pullulent et m’entourent, tous incomplets. À l’un, je prête la moitié de mon visage, et ainsi associés par la tête, rassemblés, nous boitillons un moment ensemble… À un autre je donne ma main pour remplacer celle qu’il n’a pas, et il s’éloigne en tirant sur mon bras… Tous, tous me demandent une partie de moi…

« Seul le chiffre 8 peut savoir ce qu’est un sourire de chagrin »

(Illustrations du peintre Donatien Tanjis, ou Tanjah)

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