Méditation suite…

Le vent souffle sur le balcon, soulevant des images et des souvenirs du désert. Peut-être le vide est salvateur, peut-être que surgira du désert la flamme bleue — ou un fin ruisseau, une voix — qui seraient moi.

Ou peut-être que la table rase elle-même fera place, s’ouvrant sur le chaos, les agrégats flottants des visions, des peurs, des pulsions… Il n’y aura rien, mais ce rien aura la forme d’un plein insensé, grouillant, terrifiant…

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MÉDITATION

Devenir soi-même ce que l’on perçoit… L’éponge du bruit d’un arbre, les filaments expressifs du vent, les yeux affolés des insectes au fond de leurs terriers de chlorophylle…

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Bourdonnements

Un poème empreint dans un corps…?

Invasion ! Invasion ! Je suis l’Essaim !

Les norias de ces terres plates tournent trop lentes

Pour les desseins

De ces frelons

Qui les recouvrent

Et les mots furent jouxtes si drus qu’on ne put plus distinguer

Un vol d’oiseaux

Emmi les lettres

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THE TREE OF LIFE, de Terence Malick, vu hier.

Plus j’y pense plus je suis en colère que l’on ait donné la palme d’or à ce film… Quelle décadence ! Un collage d’images et de scènes et d’esthétiques vues 100 fois, au service d’une philosophie simpliste et d’un christianisme militant ! Les scènes de dinosaures sont tout simplement grotesques et anthropo-centriques, toutes les parties documentaires témoignent d’un scientisme naiseux, accompagnées de grondements assourdissants censés, je suppose, nous donner une idée des forces écrasantes dans la nature… Qu’on ne s’y trompe pas « the life » dont il est ici question est celle, que l’on suppose intéresser toute la planète, de la vie des classes moyennes chrétiennes américaines, sous-tendues par un bête déterministme génétique animal, et du freudisme à la truelle US. Les superbes images dont la presse a parlé ressemblent aux pubs d’Air France : de belles gens sous un soleil parfait et un ciel bleu azur… Bref une grandiose connerie au service d’une propagande évangéliste gerbante.

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Philosophie (aboli bibelot ?)

Héraclite, Platon, Marc-Aurèle — ceux-ci en Grec —, Pyrrhon qui n’a rien écrit, Montaigne, Descartes, Spinoza, Pascal, Kant, Schopenhauer, Freud, et qu’en reste-t-il ? (Au deux derniers toutefois, je dois la confirmation spirituelle de l’Être, ce qui n’est pas rien !) Qu’en reste-t-il lorsque le sommeil se retourne sur l’abîme ? Voici ma philosophie : je me jette dans la nuit, j’étreins de grandes masses sombres, eles n’ont pas de forme dans l’ombre, je lutte, je me cramponne au monstre — comme Robert-le-Diable le fit aux pieds du Pape, dans les enluminures des retables et les coups des huissiers — au matin plein de sang je n’ai pas lâché prise, je le dévoile enfin ; il a mon visage, le malin…

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Court conte du Temps

   Sommeil agressé par des éclats de voix, portés par l’air moite de la rue. Le soir ne vient pas soulager l’étouffoir du jour, et la nuit se résout en tronçons mortuaires, assiégés par l’angoisse. Réveil, dans la gueule de bois qui suit les Visions. Il a plu. Comme dans les îles de corail cernées du rideau de perles éternel d’une vague immobile, un rouleau de nuages boucle l’horizon, retenant le temps sur la crête de ses nimbes. Menace imminente et différée, déferlement suspendu indéfiniment : de tout le jour le Temps ne s’écoulera plus.
Journée éternelle, écartelée de grandes barres de lumière blanchâtre, entre lesquelles le prisonnier écrase sa tête, pour têter un peu d’air brûlant… Des presciences, des bruissements, mais rien ne se passe. Œil rivé à l’expectative pure et vide du lointain, insupportable, inaltérable.

Tâte mon sexe, le suscite, pour qu’il redonne naissance au Temps… Entre mes jambes, enfin, le lait blanc de la vie s’écoule, charriant des vaisseaux aux carènes de bois rondes comme les espoirs qu’elles emportent, à l’assaut des Indes mystiques — charriant des voiles, charriant des peuples, liquéfiés, portant haut l’aigrette de leur orgueil sur leurs képis de giclures — charriant les Babylones, charriant les acropoles, charriant les forums agités par les orateurs de la chose publique, qui festonnent l’écume de leurs épanaphores, au ronflement des clochards dormant sous les portiques — charriant les savants hommes, érudits, gentes femmes, emportés tout distraits sur l’esquif de leur grimoire, charriant les dictateurs, charriant les filles folles que suivent des peuples en rut affolés — charriant les strates précipitées des hécatombes latentes, procréations, spasmes, générations, mort-nées, abîmes incompris, de néant tu retourneras au néant…

…entre mes cuisses nues…

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« Raid Citroën, première traversée du Sahara de Touggourt à Tombouctou par l’Atlantide », reliure demi-basane marron, dos orné — LES AVENTURES DE L’ADJUDANT CHAPUIS, DEUSE

Les braves autochenilles, beurrées à la graisse de chamelle

Vers Chapuis Une

La belle Aïsha, princesse berbère rescapée d’un rezzou par l’expédition, refuse les avances de l’adjudant Chapuis. Les autochenilles pètent héroïquement des bielles de poulie, pendant que l’adjudant se graisse les bacchantes en couvant du regard la tente d’Aïsha. La belle doute que la situation de l’adjudant auvergnat soit vraiment digne d’elle. Le reste de l’expédition, pour la convaincre, prétend suivre les ordres de Chapuis comme un seul homme. Ce qui n’est pas du goût de l’ingénieur Haardt, directeur général des usines citroën, homme ombrageux et inutile, et dont on voit bien qu’il a été rajouté après coup sur les photos. Le vent se lève et déplace des dunes, lorsque survient une attaque de chameaux en rut, attirés par les autochenilles qu’ils prennent pour des chamelles également rutilantes, à cause des odeurs de graisse. Chapuis tente de protéger Aïsha, qui ne risque rien, mais c’est Audouin-Dubreuil, fier Saint-Cyrien et vrai chef de l’expédition, qui juché sur l’une des voitures graissées à la graisse de chamelle, fait fuir les animaux ithyphalliques, en leur récitant Le Lac de Lamartine… Pourquoi l’Atlantide ? Chers lecteurs, la suite au prochain épisode.

Vers Chapuis Tèr
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Il existe des chefs-d’oeuvre contemporains !

Romans en français : il existe des chefs-d’oeuvre contemporains !

Débats et commentaires sur la fin de la littérature française, son déclin irrémédiable, l’absence de grands écrivains… Basta cosi ! Voici quelques romans écrits entre les années 1960 et maintenant, qui sont à mes yeux autant de livres essentiels. De la littérature qui a de l’estomac, de la couille, du clito, du style, des idées, qui déménage et qui dérange, et vous propulse au tutoiement des muses… Dites-moi ce que vous en pensez, si vous me suivez sur ces titres…

Pierre Guyotat, Tombeau pour 500000 soldats  (Guyotat c’est le génie rimbaldien vivant parmi nous)

Martinet, Jérôme (une sorte de Conjuration des Imbéciles franco-russe… Inclassable !)

Maurice Pons, Les Saisons (un sommet d’absurde et d’humour noir)

Pierre Michon, Vies Minuscules

Andreï Makine, Le Testament Français

Christian Prigent, Demain Je Meurs (attention, expérimental, passionnant mais sacrément difficile à lire)

Philippe Bordas, L’invention de l’écriture

Jean-Loup Trassard, Dormance (…petite hésitation avant de l’ajouter à ma liste, mais enfin vous vous ferez votre opinion…)

…pour ne pas citer les classiques et contemporains, ou au moins récents, Claude Simon, Julien Gracq, Chamoiseau, Michel Tournier, Ahmadou Kourouma, René Depestre…

« Fange écarlate du langage, assez de ton infatuation ! » (Saint-John Perse, Dieu de la poésie universelle, dans son dernier poème, Sécheresse, de 1974)

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« Raid Citroën, première traversée du Sahara de Touggourt à Tombouctou par l’Atlantide », reliure demi basane marron, dos orné : Les Aventures de l’Adjudant Chapuis UNE

L’ingénieur et le soldat, réunis pour l’avancement de la civilisation, attendent le cuistot devant une assiette vide

C’est avec émotion que je coupe et lis pour la première fois les pages, imprimées en 1923 et jamais lues, du « Raid Citroën, première traversée du Sahara de Touggourt à Tombouctou par l’Atlantide », reliure demi basane marron, dos orné — envoyé par une librairie anglaise… Un style inimitable : « pour la gloire de l’industrie française », « notre Empire africain », « Vive la France ! », etc… J’en ai la chair de poule et la Marseillaise me monte au nez, je me mets au garde à vous à toutes les pages ! Et qui se souvient de l’adjudant Chapuis ? Adjudant Chapuis, du bas de tes bacchantes, ce sont 90 années d’héroïsme militaire qui nous contemplent ! Pour tout mon persiflage, ces pages restent imprégnées de l’enthousiasme et de l’euphorie de l’exploit… Cette lecture, pour mon prochain roman ; j’y reviendrai sans doute ; pourquoi l’Atlantide ? Chers lecteurs, la suite des aventures de l’adjudant Chapuis, comment il vécut comment il mourut, et ses amours avec la princesse berbère sauvée du rezzou, au prochain épisode…

Vers Chapuis deuse : bliquez ici !

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Petite note de lecture : lu Cadence, de Stéphane Velut.

L’auteur est neurologue, il s’agit de son premier roman, écrit dans la force de l’âge ! Difficile à classer : relatif à l’éros mais peu érotique, historique mais non réaliste… L’histoire d’un peintre, à qui le régime nazi commande une oeuvre officielle, et qui se sert de cette aubaine pour réaliser ses fantasmes transformatifs (oui…) sur le petit modèle mis à sa disposition. J’ai été particulièrement séduit par la cadence, justement, de sa phrase : alliance remarquable de la simplicité syntaxique et de la sophistication du vocabulaire, le tout ajusté avec la précision de la mécanique prothétique dont le peintre affuble son modèle… La fin m’a déçu, métamorphose des hordes nazis en animaux divers, que l’on a déjà vue/lue à plusieurs reprises.

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